Techniques
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L’ANXIÉTÉ EN FIBROSCOPIE BRONCHIQUE.
PROBLÈMES D’ÉVALUATION ET FACTEURS
INTERVENANT DANS LE VÉCU PSYCHOLOGIQUE

Lambert A.-B.*, Germaud P.,
*Psychologue clinicienne, Services de Pneumologie, CHRU Nantes.

L’étude a pour objectif l’évaluation de l’anxiété en fibroscopie bronchique : la perception du patient comparée à celle des soignants et la mise en évidence des principaux facteurs ayant une incidence sur le vécu psychologique des patients.

Méthodologie: L’évaluation de la situation globale a été effectuée par 1) un questionnaire d’auto-évaluation de l’anxiété (STAI-Y), proposé aux patients avant l’examen et mesurant l’anxiété-trait de personnalité (at) et l’anxiété-état lié à la situation (AE) ; 2) un questionnaire d’investigation générale, rempli par les patients après l’examen ; 3) un questionnaire proposé au médecin et à l’infirmière juste après l’examen.

L’étude a été menée par une psychologue extérieure au service d’endoscopie, sur une année. L’accent a été mis sur l’anonymat des patients et leur sélection par le hasard. Sur 64 patients ayant participé, 40 dossiers sont exploitables : 22 patients hospitalisés et 18 en consultation externe, 33 hommes et 7 femmes, de 37 à 90 ans, âge moyen = 56 ans.

Résultats : 1) La fibroscopie s’avère anxiogène mais pas de manière extrême. 12/40 ont un score AE " élevé ou très élevé " alors que le score AT était " élevé ou très élevé " pour 8/40. 2) L’anxiété montrée par le patient correspond à celle perçue par le médecin et l’infirmière pour 46 % des patients. Pour plus d’1 patient sur 2, se pose un problème d’évaluation. L’étude met en évidence, d’une part, chez les soignants, l’absence d’une sémiologie bien définie et commune de l’anxiété dans ce contexte d’examen, ceci rendant difficiles les indications d’une prémédication ; d’autre part, le biais que constituent, pour l’observation, les mécanismes de défense du patient face à l’anxiété (déni, dénégation...). 3) 26/31 ont bien ou très bien vécu l’examen et 26/29 n’appréhendent pas ou peu une prochaine fibroscopie. Les principaux facteurs ayant un impact favorable sur le vécu de l’examen sont la qualité de l’information préalable par le médecin traitant ou hospitalier (30/34) ; la répétition systématique des informations par le médecin et l’infirmière au moment de la fibroscopie (24/37 par le médecin, 32/37 par l’infirmière) ; la perception d’une équipe organisée (14/27) et rassurante (14/27)... L’étude met donc en évidence l’importance de la parole et de la qualité de la relation au moment de l’examen.

Commentaires : 1) L’auto-évaluation de l’anxiété est loin d’être une mesure fiable. Déni, dénégation ou degré de désirabilité ne sont décelables que par une hétéro-évaluation qui aurait constitué un biais important dans la passation de l’examen, un entretien préalable étant nécessaire. 2) Une comparaison sera établie sur certains points avec les résultats d’une étude en cours sur la fibroscopie gastrique.

 

Corrélations anatomico-fonctionnelles après désobstruction trachéale.

JM VERGNON*, T BAZARBACHI*, F COSTES**

*Service de pneumologie
** laboratoire d'explorations fonctionnelles hôpital Nord,
CHU de Saint Etienne.

De Janvier 1990 à Février 1996, parmi 541 bronchoscopies thérapeutiques au tube rigide réalisées , 127 comprenaient une désobstruction trachéo-bronchique couplée à des contrôles fonctionnels. Selon le protocole établi, une exploration fonctionnelle systématique avec spirométrie et courbe débit volume a été réalisée immédiatement avant le geste et 24 à 48 h après. Nous n'envisagerons ici que les résultats obtenus pour les localisations trachéales uniques bénignes ou malignes traitées par dilatation ou résection mécanique éventuellement laser-assistée avec prothèse si nécessaire. Les diamètres et surfaces des trachées avant et après désobstruction ont été mesurées par technique de calibration et documentés par les bandes vidéos. Trente deux malades ont été inclus, 27 hommes 5 femmes, d'âge moyen 61 ans ± 11,6 ans, porteurs d'affections néoplasiques 19 fois ou bénignes 13 fois (sténoses post intubation ou post trachéotomie). Pour 21 des 32 malades, une prothèse trachéale a été posée. La surface initiale trachéale était de 29,4 ± 14,3% de la surface théorique et la désobstruction a permis d'obtenir un gain moyen de 250 ± 284 %. Trois facteurs seulement varient significativement avec le gain de surface trachéale : le VEMS, le DEP et les résistances . Sous l'effet du traitement le gain moyen du VEMS était de 21,6 ±34,6 %, le gain du DEP de 37,7 ± 50,1 % et le gain des résistances de - 28,4 ± 41,4 %. Nous avons constaté une corrélation significative (p <0,01) entre ces gains et l'obstruction initiale exprimée en % de la surface théorique sans phénomène de seuil. Les gains de surface trachéale obtenus par désobstruction sont corrélés aux gains des 3 paramètres (p<0,01). Cependant en dessous d'une désobstruction permettant de doubler la surface trachéale, on n'observe plus de variation significative de ces paramètres.

Dans les atteintes trachéales VEMS, DEP et résistances sont les 3 facteurs utiles. Ils s'améliorent d'autant plus que l'atteinte trachéale était sévère. L'obtention d'un doublement de la surface trachéale est nécessaire pour voir varier significativement ces paramètres.


UTILISATION DE L’ELECTROTHERAPIE HAUTE FREQUENCE
DANS LES DESOBSTRUCTIONS TRACHEO-BRONCHIQUES.

M. LAVANDIER, P. CARRE, B. RIVOIRE, P. DIOT, D. CIBOIS.
Service de Pneumologie et Département d’Anesthésie-Réanimation,
CHU Bretonneau, 37044 TOURS cedex.

Les obstructions de la trachée ou des gros troncs bronchiques peuvent entraîner une détresse respiratoire nécessitant un traitement d’urgence. Le Laser Yag reste la technique de référence pour une désobstruction rapide, mais son coût élevé en limite les possibilités d’utilisation; la cryothérapie n’a qu’un effet différé. Nous rapportons notre expérience de désobstruction trachéo-bronchique par électrothérapie haute fréquence chez 61 malades. Nous avons utilisé l’Erbotom ICC 200 (Société ERBE) avec une électrode unipolaire rigide ou souple. Les examens ont été faits en bronchoscopie rigide sous anesthésie générale. L’électrode souple était introduite dans le canal d’un fibroscope standard, lui-même introduit dans le tube rigide. Deux modes ont été utilisés : la coagulation douce sans production d’arcs électriques et la coupe avec déclenchement d’arcs électriques. La puissance maxima était limitée à 60 watts avec la coagulation douce et à 35 watts avec la coupe. Le malade était ventilé avec adjonction d’oxygène; celle-ci était interrompue lors de l’utilisation de la coupe en raison des arcs électriques. 61 patients âgés de 28 à 86 ans (m = 60,3 ± 13 ans) ont été traités entre le 1er septembre 1994 et le 15 novembre 1996. Il s’agissait de 46 cancers (trachée ou bronches : 32 ; oesophage : 10 ; métastases : 3 ; plasmocytome : 1), 4 tumeurs bénignes, 1 amylose, 9 sténoses post trachéotomie et 1 granulome. Les résultats ont presque toujours été bons ou très bons. Les 9 échecs viennent d’une mauvaise évaluation préalable de l’extension de la tumeur. La plupart des cancers ont été détruits par coagulation douce. Le mode " coupe " a dû être utilisé pour traiter les sténoses fibreuses, 2 tumeurs cartilagineuses et une tumeur carcinoïde. Dans 21 cas, une prothèse trachéale ou bronchique a été mise en place après désobstruction. Aucune complication majeure n’est survenue. Le seul incident a été, dans 1 cas, l’inflammation de la gaine de la sonde, utilisée en " coupe " avec apport d’oxygène. L’électrothérapie haute fréquence est une technique fiable et immédiatement efficace qui semble pouvoir remplacer le Laser Yag dans la plupart des cas, pour un coût largement inférieur. Il semble préférable, pour une plus grande sécurité du malade et pour un meilleur confort de l’opérateur, de pratiquer cette technique à travers un bronchoscope rigide. Ceci permet une aspiration plus efficace, un meilleur contrôle des saignements, la possibilité d’y associer une résection à la pince ou au bec du bronchoscope et la mise en place éventuelle en fin d’examen d’une endoprothèse. Sa facilité d’utilisation ne doit pas en faire oublier les risques et cette technique doit être pratiquée par un endoscopiste expérimenté.


MIGRATION SOUS-PLEURALE DE CORPS ETRANGERS INHALES :
RETRAIT PAR FIBROSCOPIE BRONCHIQUE
SOUS CONTROLE FLUOROSCOPIQUE

P. BALDEYROU*, H. BAKHTIARI**, C. GUELAUD**,
P. GIRARD*, D. GRUNENWALD*, R. PALAU*
I.M.M. Choisy, PARIS 13ème* Hôpital de La Pitié Salpétrière, PARIS 13ème**

Introduction : Chez l’adulte les corps étrangers trachéo-bronchiques(CE) sont très souvent d’origine dentaire ou odontologique : deux patients ont inhalé du matériel odontologique radio-opaque et ces CE ont progressé jusqu’à l’espace immédiatement sous-pleural. Néanmoins, ce matériel a pu être retiré sous fibroscopie.

Population : Deux hommes de 48 et 60 ans ont inhalé ; l’un un " inlet dentaire ", l’autre un gros amalgame, avec positionnement de ces CE dans les divisions du lobe inférieur droit. Le diagnostic fut immédiat chez le premier et différé chez le second porteur d’une maladie de Parkinson avec poussée d’insuffisance respiratoire. Le CE du second patient ayant migré probablement à l’intubation fut découvert 3 mois plus tard.

Technique : En endoscopie et sous contrôle fluoroscopique frontal et latéral dans le premier cas, en tournant le patient sous amplicateur de brillance dans le second, le matériel de préhension est, par tâtonnements successifs, amené au contact de CE.

Résultat : Le premier CE a été retiré à la pince conduite sous ampli au contact du pivot dentaire, le 2ème CE a été mobilisé par une sonde à panier jusqu’aux troncs proximaux puis retiré à la pince. Aucune hémoptysie.

Conclusion : Le retrait d’un CE ayant migré en distalité doit pouvoir être réalisé par le même chemin qui a permis sa pénétration.


L’ASTHME CHEZ L’ENFANT D’AGE PRESCOLAIRE :
INTERET DE LA MESURE SYSTEMATIQUE DU DEBIT DE POINTE

TISSERANT Ph., JOURDAN C, DENIS A, DELCLAUX B, MEEKEL P.
Service de pneumologie, Centre Hospitalier, 10003 TROYES - France

La prévalence de l’asthme semble s’accroître parmi les cohortes de jeunes enfants. Chez ces derniers, la place du débit de pointe (DP) comme outil de dépistage n’est pas clairement définie.

Une enquête transversale a été menée durant le premier semestre 1993 par la médecine de santé scolaire dans le département de l’aube avec pour objectifs d’établir la prévalence cumulée de l’asthme chez les enfants scolarisés en dernière année de maternelle, et d’évaluer le DP comme test de dépistage. Dans un second temps, une stratégie de dépistage de masse dans le cadre de la médecine scolaire a pu être proposée (JOURDAN C, Th.Méd.Mention Méd. Gén.Reims 1996).

A l’aide d’un questionnaire destiné aux parents et du carnet de santé (CS) considérés comme test de référence, une catégorisation en classe de probabilité diagnostique est élaborée : asthme vraisemblable, possible ou non vraisemblable. La mesure du DP comme test diagnostique est évaluée par rapport au test de référence en comparant asthmes vraisemblables non traités et asthmes non vraisemblables. La limite de positivité est fixée à - 1 DS soit - 13 % de la valeur théorique.

Les données de 3515 enfants (âge moyen 5 ans 9 mois) répartis dans 216 écoles ont été recueillies. Les parents étaient présents dans 92,8 % des cas. L’exploitation est réalisable dans 91,8 % des cas (3227 enfants). L’interrogatoire des parents est sensible mais moins spécifique que l’étude du CS. La synthèse des 2 sources augmente la sensibilité du test qui identifie 7,65 % d’asthme vraisemblable et 7,25 % d’asthme possible. Le sexe masculin (RR = 1,39 p <0,001) et la vie en milieu urbain (RR="1,24" p<0,02) sont des facteurs de risque à la différence du mois de naissance. La faisabilité du DP est de 96 %. Il ne peut être utilisé comme test de dépistage de masse à cause d’une faible sensibilité (0,25) mais sa forte spécificité (0,89) et sa valeur prédictive négative (0,95) en font un bon outil de seconde intention.

En tenant compte de ces résultats, un nouveau protocole sera élaboré, basé sur les tests précédents. La catégorisation se fera à l’aide d’un arbre décisionnel. Le DP sera mesuré uniquement chez les enfants asthmatiques possibles. Le protocole sera validé par un bilan complémentaire chez les supposés asthmatiques.


LA TDM HÉLICOIDALE DU THORAX ET SES
RECONSTRUCTIONS 2D-3D AVEC ENDOSCOPIE VIRTUELLE.
ILLUSTRATION DE LEURS ROLES RESPECTIFS
LORS DE L'APPAREILLAGE PROTHÉTIQUE
DES STÉNOSES DE L'ARBRE TRACHÉO- BRONCHIQUE.

S Lenoir, P Baldeyrou, C Strauss, A Chatel, D Grunenwald, R Pala.
lnstitut Mutualiste Montsouris, 75013 Paris.

Matériel et Méthodes : Dix patients porteurs d'une sténose trachéale ou bronchique non chirurgicale ont été explorés avant et après appareillage prothétique par: 1. une endoscopie de l'arbre respiratoire. 2. une Tomodensitométrie (TDM) hélicoïdale avec réalisation d'une part d'images axiales fines et jointives, et d'autre part d'un ensemble de reconstructions centrées sur l'arbre trachéo- bronchique: 2D multiplanaires, 3D de type surfacique externe et interne (endoscopie virtuelle). L'analyse des deux groupes d'images a été effectuée séparément par deux lecteurs (le radiologue et le pneumologue ayant réalisé l'endoscopie) afin de déterminer le type des informations apportées par les reconstructions.

Résultats : Les deux lecteurs objectivaient une différence dans l'information apportée par les deux groupes d'images, mais ils appréciaient différemment leurs apports respectifs. Avant l'appareillage, le radiologue tire l'essentiel de l'information diagnostique des acquisitions axiales; une partie seulement vient des reconstructions 2D: longueurs des sténoses, angulations normales et pathologiques des bronches entre elles. Le pneumologue complète son diagnostic endoscopique par les informations visuelles géométriques des images 2D et de l'endoscopie virtuelle. Lors de la surveillance ultérieure, les deux analyses sont plus concordantes : l'endoscopie virtuelle semble apporter des informations suffisantes sur la perméabilité endoluminale, étayées par les coupes axiales.

Conclusions : L'information diagnostique de la TDM réside dans les images axiales. Les reconstructions 2D, 3D dont l'endoscopie virtuelle représentent pour l'endoscopiste un complément visuel indispensable à la préparation (simulation) de l'appareillage prothétique. Elles pourraient enfin se substituer aux endoscopies de surveillance.


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Date de création: 1996 - Dernière mise à jour: 24/07/98

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