Oncologie thoracique
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Résultats de l’irradiation post-chirurgicale des carcinomes bronchiques non à petites cellules T2NOMO.

BRICHET A. , LAFITTE J. J. , RIBET M. , PRÉVOST B. ,
GOSSELIN B. , COPIN M. C. , DUHAMEL A.
Centre Hospitalier Régional Universitaire, 59037, Lille, France.

Une étude rétrospective effectuée en 1984 a montré que les cancers bronchiques non à petites cellules (CBNPC) de stade I pT2N0 opérés et non irradiés ont un pronostic peu différent de celui des cancers de stade II pT1N1opérés et irradiés. Étant donné le meilleur pronostic des pT1N0M0 par rapport à celui des pT2N0M0, tous classés en stade I, on formule l'hypothèse que chez des patients atteints de CBNPC classé pT2N0M0, des sites médiastinaux envahis sont ignorés. Les CBNPC pT2N0 pourraient donc tirer profit d'une irradiation médiastinale post-opératoire.

De septembre1985 à septembre 1991, 163 CBNPC ont été classés pT2N0M0 aprés résection puis randomisés en deux groupes : irradiation ou absence d'irradiation après chirurgie. Après révision de tous les cas, 132 patients sont évaluables pour l' étude : 60 ont été irradiés et 72 non irradiés. Le suivi a été poursuivi jusqu'en en juillet 1996.

A la clôture de l'étude (suivi allant de 4 ans et 10 mois à 10 ans et 10 mois), 47 patients sur 132 sont vivants. La médiane de survie est de 3 ans 11,5 mois. L'irradiation ne modifie pas la durée de survie. La survie n'est pas différente en fonction de l'histologie ou de la localisation tumorale. Il y a eu 64 récidives, 24 locales, 42 à distance, 2 patients présentant l'association d'une récidive locale et à distance. L'irradiation, l'histologie ou la localisation tumorale ne modifient pas le taux de récidive. Soixante et un patients sont décédés de récidive, 24 sont décédés sans signe de récidive et 7 sont décédés d'un deuxième cancer de localisation extra-thoracique.

En conclusion, l'irradiation n'améliore pas la survie des pT2N0. Ce résultat ne conforte donc pas notre hypothèse. Les cancers pT2N0 ont en fait peut être plus tendance à développer des métastases à distance que des récidives locales. Des études prospectives complémentaires concernant les traitements adjuvants systémiques pourraient améliorer les résultats encore actuellement médiocres de la chirurgie radicale dans ce groupe de tumeurs.

 

Métastases cérébrales des cancers bronchiques non à petites cellules. Intérêt de l’association radiothérapie chimiothérapie concomitante : à propos de 58 patients.

LAUWERIER C*, COUDERT B*, BÔNE LÉPINOY M.C*, GUERRIN J *, JEANNIN L*
Centre G.F.Leclerc. : Service de Pneumologie C.H.U 21034 Dijon cédex

De janvier 1992 à février 1996, 58 patients porteurs de métastases cérébrales inopérables d'un cancer bronchique primitif non à petites cellules ont été traités soit par radiothérapie chimiothérapie concomitante (24 cas), soit par radiothérapie encéphalique totale (34 cas).

Dans le groupe radiothérapie chimiothérapie concomitante, la dose totale d'irradiation était de 30 Gy (3 Gy/fraction/jour étalement 11 jours ), la chimiothérapie débutait deux heures avant l'irradiation, elle associait : le 5 Fluorouracile à la dose de 300mg/m2/jour en perfusion intra-veineuse continue 24h/24, à la pompe, les jours de la radiothérapie ; et un dérivé du platine administrait au 2ième jour soit le carboplatine (dose établie en fonction de la clairance de la créatininémie ), soit le cisplatine à la dose de 100 mg/m2.. Les toxicités immédiates furent tolérables : absence de syndrome infectieux, hémorragique et de besoin transfusionnel, avec cependant, un décès toxique. L'amélioration de l'indice de Performance OMS, 8 semaines après le début du traitement, survient dans 67% des cas. La réponse objective cérébrale évaluée par tomodensitométrie est de 45,8% en intention de traitement et de 64,7% chez les patients évaluables. La médiane de survie sans récidive cérébrale est de 23,5 semaines. La médiane de survie globale est de 24,5 semaines, la survie actuarielle à 6 mois, est de 50% et, à un an, de 20,8%. Le pourcentage de décès par évolution cérébrale est de 42,9%.

Dans le groupe radiothérapie seule, l'irradiation a été donnée à une dose de 30 Gy en 10 fractions sur 2 semaines. L'amélioration de l'indice de Performance OMS, 8 semaines après le début du traitement survient dans 50% des cas, la médiane de survie sans récidive cérébrale est de 15,3 semaines, la médiane de survie globale est de 16,3 semaines, la survie actuarielle à 6 mois, est de 35,3% et à un an, de 11,8%. Le pourcentage de décès par évolution cérébrale est de 55,2%.

La survie sans récidive cérébrale est améliorée significativement par l'association radiothérapie chimiothérapie concomitante. Ces résultats encourageants devraient être confirmés par la réalisation d'un essai randomisé comparant la radiothérapie chimiothérapie concomitante à la radiothérapie et comportant une étude de la qualité de vie.


LA CURIETHÉRAPIE ENDOBRONCHIQUE :
RÉSULTATS CHEZ 149 PATIENTS TRAITÉS A L'HÔPITAL SAINT-LOUIS.

Trédaniel J., Hennequin C., Zalcman G., Maylin C., Hirsch A.
Services de Pneumologie et Radiothérapie, Hôpital Saint-Louis, 75010 Paris.

L'obstruction tumorale endobronchique menace le patient atteint d'un cancer bronchique tout au long de l'évolution de sa maladie. Ces patients peuvent se voir proposer une désobstruction bronchique pour laquelle plusieurs techniques sont aujourd'hui disponibles. Nous avons traité 149 malades par curiethérapie endobronchique à haut débit de dose : 73 malades ont été traités dans une optique curatrice (tumeur localisée à la lumière et à la paroi bronchiques sans extension médiastinale adjacente ou à distance), 47 dans un but palliatif (tumeur endobronchique s'accompagnant d'une diffusion à distance, loco-régionale ou métastatique) et 29 ont reçu l'irradiation endobronchique en complément d'une irradiation externe (lorsque la masse tumorale endobronchique initiale a été subjectivement jugée par le radiothérapeute comme très volumineuse). Le traitement a consisté en séries, répétées tous les 15 jours jusqu'à un maximum de 3, comportant 2 séances à 24 heures d'intervalle, délivrant chacune une irradiation de 7 grays à 1 cm du cathéter. 661 séances ont été effectuées. Un seul cathéter a été le plus souvent nécessaire: 119 malades (79,9 %); chez 28 patients, 2 cathéters étaient mis en place à chaque séance; 3 cathéters ont été utilisés simultanément chez 2 malades. Tous signes fonctionnels confondus, 79 % des patients ont eu un bénéfice symptomatique, complet pour 15 % des patients; l'effet est aussi favorable sur l'hémoptysie que sur la dyspnée. La durée de cet effet palliatif, évaluée chez 46 malades, est de 6,5 mois. 132 patients ont été évalués par endoscopie de contrôle 2 mois après le traitement: 64 (48,5 %) étaient en rémission complète histologique; aucune progression endobronchique n'a été observée pendant la durée du traitement. La survie médiane est de 14,4 mois pour les patients traités à visée curatrice (4,2 mois pour les patients traités à visée palliative). L'obtention d'une rémission histologique est un gage de survie prolongée (médiane de survie: 26,5 mois). La tolérance immédiate et à brève échéance des procédures thérapeutiques a toujours été satisfaisante, permettant un traitement ambulatoire pour certains patients. 11 (7,4 %) hémoptysies massives et 13 (8 %) bronchites radiques, toutes survenues à distance de la procédure thérapeutique, ont été observées. Ces résultats confirment la faisabilité et les bons résultats de l'irradiation endobronchique sur ce terrain et incitent à promouvoir la réalisation d'essais multicentriques contrôlés, afin que soit dégagée la place de la curiethérapie endobronchique dans la stratégie thérapeutique des cancers bronchiques.


Curiethérapie endobronchique : résultats et complications chez 189 patients.

M TAULELLE, Y BREWER, P VINCENT, C FELIX FAURE, F. REBOUL
Département d’Oncologie Thoracique. Clinique Sainte Catherine. Avignon, France.

Entre Septembre 1990 et Mars 1995, 189 patients ont été traités par curiethérapie endobronchique à haut débit de dose. La plupart des patients (70.4%) présentaient soit une récidive soit un résidu tumoral symptomatique après traitement classique. Une minorité de patients (11.6%) avaient une petite tumeur ne pouvant bénéficier d’aucun autre traitement (chirurgie ou radiothérapie) pour des raisons médicales. Le protocole thérapeutique a comporté 3 à 4 applications hebdomadaires de 8 à 10 Gy. La dose de référence était exprimée à 10 mm de l’axe du cathéter. Une amélioration majeure des symptômes a été observée dans 73.9% pour l’hémoptysie, 54.1% pour la dyspnée et 53.8% pour la toux. La réponse endoscopique était complète dans 54.5% des cas. La médiane de survie était de 7 mois quand on considère l’ensemble des patients. Pour les patients porteurs de petites tumeurs à développement endobronchique exclusif, une réponse complète a été constatée dans 95.5%. Chez ces patients, la médiane de survie était de 17.4 mois et la survie à 30 mois était de 45.9% avec un plateau débutant à 18 mois. Le taux de complications tardives de grade 3, 4 était de 16.9% comprenant des hémoptysies (n=13), des sténoses (n=12), des nécroses (n=8) et des fistules (n=3). Aucun facteur prédictif de la survenue des complications n’est retrouvé par analyse univariate. Notre étude confirme l’efficacité de la curiethérapie endobronchique dans le traitement palliatif des tumeurs obstructives de l’arbre bronchique proximal et dans le traitement curatif des petites tumeurs quand les autres traitements ne peuvent être mis en oeuvre.


Radiosensibilisation par Carboplatine après chimiothérapie avec du cisplatine
dans le traitement des cancers bronchiques non à petite cellule.
Essai de Phase I du Groupe Français de Pneumo-Cancérologie.

P. THOMAS, J.P. KLEISBAUER, G. ROBINET, J. CLAVIER, R. POIRIER, A. VERGNENEGRE, F. BONNAUD, A. TAYTARD, D. PAILLOTIN, P. POMMIER DE SANTI, J.R. BARRIERE pour le G.F.P.C.
Département des maladies respiratoires, Hôpital Ste Marguerite, 13277 Marseille

Un essai de phase I d'une radiosensibilisation par le carboplatine a été réalisé chez des patients porteurs d'un cancer bronchique non à petite cellule (CBNPC) inopérables, stades III et IV, préalablement traités par une association de cisplatine + mitomycine + vindésine ou vinorelbine. Le carboplatine a été administré quotidiennement, soit en bolus soit en perfusion continue, cinq jours par semaine, pendant les 6 semaines d'une irradiation thoracique. Tous les patients devaient être en réponse objective ou en maladie stable après 2 à 3 cycles de chimiothérapie. Le carboplatine est débuté à 10 mg/m2/Jr, puis augmenté à 15 puis 20 mg/m2/Jr, sur des groupes successifs comprenant 6 patients minimum. L'irradiation thoracique était de 62 à 66 Gy sur la tumeur et les ganglions médiastinaux homolatéraux, 50 Gy sur le médiastin et 40 à 45 Gy sur les ganglions sus-claviculaires. Trente-neuf patients ont été inclus (6 femmes, âge moyen 54 ans). La thrombopénie a été la principale toxicité limitante, à des doses de 15 mg/m2/Jr pour les deux modes d'administration. Les autres toxicités observées étaient: anémie, neutropénie, nausée et vomissement. La survie médiane des patients était de 12 mois; le taux de réponse objective est difficile à déterminer chez des patients selectionnés sur la réponse à la chimiothérapie. La dose retenue pour des études de phase II chez des patients préalablement traités par chimiothérapie à base de cisplatine est donc de 10 mg/m2/Jr, administrés en continue ou en bolus quotidien.


Métastases cérébrales inaugurales des cancers bronchiques non à petites cellules : étude de phase II de l'association ifosfamide / vinorelbine / cisplatine
et radiothérapie cérébrale concomittante

QUANTIN X, PUJOL JL, KHIAL F, REME-SAUMON M,
DUBOIS JB, CULINE S, GODARD P.
Hôpital Universitaire et Centre anti-cancer de Montpellier, 34295

Rationnel : La chimiothérapie est un traitement actif des métastases cérébrales du cancer bronchique non petites cellules. L'association vinorelbine/cisplatine est considérée comme l'une des plus actives mais a été testée essentiellement par des stades métastatiques non cérébraux. L'ifosfamide pourrait être associé à cette chimiothérapie dans l'espoir d'augmenter l'action anti-tumorale au niveau des métastases cérébrales et de sensibiliser l'action de la radiothérapie.

Méthode : Cette étude prospective de phase II a testé la toxicité et l'activité d'un traitement consistant en trois cycles de l'association suivante : radiothérapie pan-encéphalique 18 gy en 10 fractions (de J1 à J10), vinorelbine 30 mg/m2 administré J1, J8 et J15, cisplatine 100 mg/m2 à J2, et ifosfamide 1, gr/m2 délivré de J1 à J3 avec uroprotection par mesna. Les cycles étaient réalisés tous les 28 jours. Quatoze malades atteints de cancers non à petite cellules et naïfs de tout traitement ont été inclus sur une période de 10 mois. Les métastases cérébrales provoquaient des symptômes neurologiques chez 9 d'entres eux et elles étaient multiples dans 7 cas. Sept malades avaient plusieurs organes métastatiques (dont le cerveau).

Résultats : 11/14 malades ont reçu les 3 cycles. La dose intensité relative du cisplatine et de l'ifosfamide était 95 %. Celle de la vinorelbine a été de 58 %. La toxicité a été modérée et facilement gérée. La neutropénie était la toxicité principale avec des nadirs médians [interquartile] : 315 gL-1 (210-660), 188 gL-1 (91-280), 275 gL-1 (100-560) au cours des cycles 1, 2 et 3 respectivement. Cinq malades ont présenté un épisode de neutropénie fébrile. Deux malades ont eu une anémie justifiant la perfusion de culots globulaires. Aucune toxicité rénale limitante n'a été observée ni aucun décès toxique. La réponse a été évaluée en intention de traitement et sur des documents tomodensitométriques ; un seul malade n'est pas encore évaluable. Pour les cibles cérébrales nous avons observé 6 réponses complètes, 3 réponses partielles, 2 stabilisations et 2 progressions. Pour les cibles thoraciques les valeurs étaient respectivement : 0, 7, 2 et 4, le pourcentage global de réponses étaient de 50 %. La survie médiane calculée par la méthode de Kaplan et Meier était de 9 mois.

Conclusion : Cette association chimiothérapie / radiothérapie concomitante est possible et bien tolérée. Le bon contrôle simultané de la maladie cérébrale et thoracique autorise une étude comparative avec une association ifosfamide seul - radiothérapie (programmée).


Etude de phase II de l'association cisplatine (DCCP),
taxol dans les mésothéliomes malins diffus de la plèvre (M.M.D.P.)

R. CALIANDRO, C. BOUTIN, M. PEROL, I.MONNET,
G. DABOUIS, J.C. GUERIN, P. RUFFIE
Institut Gustave Roussy Villejuif1 Hôpital de la Conception Marseille.
Hôpital de la Croix Rousse Lyon.
Centre Hospitalier Universitaire de Nantes

Le M.M.D.P. est une tumeur rare dont la fréquence est en régulière augmentation en raison de la large utilisation de l'amiante après guerre. De diagnostic difficile, son pronostic reste péjoratif malgré de nombreuses approches thérapeutiques. Si bien qu'il n'existe pas à l'heure actuelle de traitement de référence et le rôle même de la chimiothérapie restre controversé. Des essais testant de nouvelles drogues ont été menés. Des résultats préliminaires avec le Taxol ont montré une activité prometteuse. Parallèlement, Chahinian a démontré sur son modèle in vivo de la souris nude une certaine activité du Taxol qui est significativement augmentée lorsqu'il est associé avec le cisplatine.

Nous rapportons les résultats d'une étude française, multicentrique, de phase II, testant l'association, CDDP à la dose de 100 mg/m2, Taxol à la dose de 200 mg/m2, toutes les 3 semaines. Un bilan d'évaluation avait lieu toutes les 2 cures avec un maximum de 6 cycles.

Caractéristiques des patients : de novembre 1995 à mai 1996, 18 patients ont été inclus : 15 hommes et 3 femmes. Age médian : 58 ans (35 - 70). O.M.S. 0-1 naïf de tout traitement. Type histologie : 15 épithéliaux, 1 biphasique, 2 desmoplastiques. Stades I.M.I.G. : Ib = 2, II = 5, III = 9, IV = 2.

Résultats : 17 patients (pts) sont évaluables pour la réponse et la toxicité. Le nombre médian de cures administrées par malade a été de 3 (extrêmes 1 - 6). La tolérance du traitement a été bonne sur le plan hématologique (neutropénie grade 3 - 4 = 5 pts, anémie grade 3 = 1 pt, pas de thrombopénie). La toxicité extra-hématologique a consisté en : nausées/vomissements grade 3 - 4 = 2 pts, neuropathie grade 1 = 3 pts, grade 2 = 1 pt ; insuffisance rénale grade 2 = 1 pt ; mucite grade 3 = 1 pt. Une réponse objective partielle a été obtenue soit 6 % ; 5 pts ont présenté une progression tumorale et 11 une stabilité.

Conclusion : Cette étude montre une inefficacité de l'association CDDP-Taxol dans les M.M.D.P. et ne confirme pas les données rapportées in vivo sur le modèle murin.


Radiochimiothérapie concomitante dans le cancer bronchique à petites cellules localisé (CPCL)

D. BEAUTE, G. ROBINET, S. GOUVA, F. COUTURAUD, J. CLAVIER.
Unité d'Oncologie Thoracique - Fédération de Cancérologie,
CHU Morvan, 5 avenue Foch, 29609, Brest Cédex

Si l'association radiothérapie-chimiothérapie est le traitement préconisé pour le CPCL, ses modalités d'administration restent controversées : nous avons évalué la faisabilité d'une radiochimiothérapie concomitante dans le CPCL.

Protocole thérapeutique : 3 cures de chimiothérapie associant cyclophosphamide (C) (400 mg/m2/j, J1, J2 et J3), adriamycine (A) (40 mg/m²/j, J1), étoposide (E) (100 mg/m2/j, J1, J2 et J3), J1 = J21, puis 2 cures de chimiothérapie C (300 mg/m2/j, J1, J2 et J3), E (100 mg/m²/j, J1, J2 et J3), cisplatine (P) (100 mg/m²/j, J1) J1 = J28, de façon concomitante à une radiothérapie thoracique (55 Gy sur la tumeur et le médiastin, 50 Gy sur les deux creux sus-claviculaires : 1,8 Gy par jour, 5 jours par semaine) à partir de J70 puis 2 cures de CAE en consolidation.

Population : d'août 1993 à novembre 1995, 14 patients d'âge moyen 58 ans (45-74) et dont l'indice de Karnofsky était d'au moins 80 %, ont été inclus dans l'étude. Toxicité : une neutropénie de grade III ou IV est survenue après 49 % des cures (dont 15 épisode de neutropénies fébriles), une thrombopénie de grade III ou IV après 13 % des cures, 10 % des cures ont été annulées, un décès iatrogène par pneumopathie radique s'est produit ; le traitement a été prescrit sans adaptation chez 86 % des patients pour les deux premières cures CAE, 36 % des patients pour la radiochimiothérapie et 7 % pour le traitement de consolidation.

Résultats : nous avons constaté 100 % de réponse partielle (RP) après 2 cures CAE, 50 % de réponse complète (RC) et 36 % de RP après la radiochimiothérapie, 75 % de RC et 17 % de RP après le traitement de consolidation ; la médiane de survie a été de 24 mois. Le site principal de récidive a été cérébral (55 % cas).

Conclusion : la toxicité iatrogène et les résultats thérapeutiques correspondent aux données de la littérature ; par contre, la toxicité hématologique est limitante et justifie une réduction de la durée du traitement permettant une prescription plus précoce de la radiochimiothérapie : 2 cycles de CAE en induction puis 2 cycles de PE en concomitant avec la radiothérapie.


Chimiothérapie des carcinomes neuro-endocrines
pulmonaires (CNEP) étendus (non CPC) :
notre expérience sur 5 cas.

JL BRETON, F. ALFREIJAT, J. GUIGAY, I. GUY, C. PICHET, G. GARNIER

CHG BELFORT et Hôpital Militaire de TOULON.

Dans la classification de WARREN et GOULD, entre le carcinoïde (bénin) et le carcinome à petites cellules, se trouvent placés le carcinome neuro-endocrine bien différencié (ex-carcinoïde atypique de l'OMS) et le carcinome neuro-endocrine peu différencié. D'individualisation récente au sein des tumeurs neuro-endocrines pulmonaires, il s'agit de tumeurs rares, d'évolution mal connue, mais dont le potentiel métastatique en fait de véritables carcinomes dont l'aggressivité varie selon le degré de différenciation. La chirurgie est le traitement de choix des CNE localisés ; le traitement des formes étendues fait appel à la chimiothérapie. L'analyse de la littérature (portant sur des CNE diffus digestifs et bronchiques) a permis de proposer (MOERTEL : cancer, 1991 ; 68 : 227-232)

- dans les CNE bien différenciés, l'association 5 FU-STREPTOZOCINE (20 à 40 % de RO),

- et dans les CNE peu différenciés, l'association ETOPOSIDE-PLATINE (64 % de RO).

Entre 1993 et 1996, dans le service de Pneumologie du CHG de BELFORT, nous avons observé 5 cas de CNE (2 bien différencié, 3 peu différencié dans la classification de WARREN et GOULD) : 5 hommes, âgés de 49 à 74 ans, (m:63) ; 4 stades IV (foie) et 1 stade IIIB. La chimiothérapie a consisté :

- CNE bien différencié : STREPTOZOCINE 500 mg/m²/j de J1 à J5 et 5FU 400 mg/m²/j de J1 à J5, tous les 28 jours (2 cas),

- CNE peu différencié : PLATINE 100 mg/m² à J1 et VP16 100 mg/m²/j de J1 à J3 tous les 21 jours (3 cas).

Les résultats en novembre 1996 sont résumés dans le tableau suivant

                  PATIENT  STADE  REPONSE	  SURVIE	
C.N.E. 	           S.A.      IV     RC      36 mois    en vie
Bien différencié   C.R.      IV     Inev     2 mois    en vie
C.N.E.             M.D.      IV     P        4 mois    en vie
peu différencié    R.P.      IV     RO       9 mois    * (tumeur)
                   C.P.      IIIB   RC       4 mois    * (infarctus)

Les détails des résultats, de la survie, de la toxicité seront exposés en février 1997.


Efficacité de la chimiothérapie dans les métastases cérébrales
des carcinomes broncho-pulmonaires à petites cellules.

S. DONATI, P. THOMAS, A.C.F. ANDRIANARISOA,
O. CASTELNAU, A. LANTEAUME, J.P. KLEISBAUER.

Département des Maladies Respiratoires, Hôpital Ste Marguerite, Marseille.

Nous avons étudié, dans le cadre d’une étude rétrospective, la sensibilité des métastases cérébrales (MC) à la chimiothérapie (CT), chez des patients porteurs d’un carcinome broncho-pulmonaire à petites cellules (CPC), en fonction du délai d’apparition et du caractère unique ou multiple de la dissémination cérébrale; ceci afin de vérifier le concept de chimiorésistance des MC d’apparition précoce. 50 patients ont été étudiés et groupés selon le délai d’apparition des MC, puis selon le caractère unique ou multiple de la dissémination cérébrale (les MC traitées par chirurgie ou radiothérapie en première intention sont exclues de l’étude). La réponse au traitement, évaluée par TDM cérébrale, est une réponse par cible (MC uniquement), et la survie est calculée en jours à partir du diagnostic de la dissémination cérébrale.

Résultats
46 hommes âgés de 50 à 77 ans
. 14 (28%) MC concomitantes (délai diagnostic CPC - MC = 0)
. 4 (8%) MC métachrones (délai <150 jours, c’est-à-dire apparition en court de traitement)
. 20 (40%) MC précoces (délai entre 150 et 330 jours)
. 12 (24%) MC tardives (délai ³330 jours)
. 13 MC uniques / 37 MC multiples

Il n’existe pas de différence significative en terme de réponse objective (R0) et de survie entre MC concomitantes (RO 50% - survie médiane 221 jours), MC précoces (RO 35% - survie médiane 153 jours), MC tardives (RO 33% - survie médiane 148 jours) (les MC métachrones sont exclues du fait d’un effectif inexploitable).

Ceci se vérifie quel que soit le caractère unique ou multiple de la dissémination cérébrale. D’autre part, l’utilisation d’antimitotiques de classe thérapeutique identique à la chimiothérapie première ne donne pas de différence en terme de réponse objective pour les MC précoces (RO 33% que la classe thérapeutique soit identique ou non).

Les métastases cérébrales des CPC peuvent être traitées par CT avec efficacité quel que soit leur délai d’apparition et leur caractère unique ou multiple. Les mêmes antimitotiques peuvent avoir une efficacité, même si la récidive cérébrale est précoce. Le concept de chimiorésistance des cellules métastatiques cérébrales ne semble pas être confirmé par cette étude rétrospective.


Le nombre des métastases pulmonaires doit-il influencer la décision chirurgicale ?

Philippe Girard, Pierre Baldeyrou, Thierry Le Chevalier, Marc Filaire, Dominique Grunenwald. Institut Mutualiste Montsouris Choisy, Paris, et Institut Gustave Roussy, Villejuif.

Après résection chirurgicale de métastases pulmonaires (MP) isolées, environ 35% des patients survivent 5 ans, et 25% survivent 10 ans. Parmi les facteurs pronostiques pris en compte lors de la sélection préopératoire, le nombre des métastases reste le plus controversé. Méthodes: La survie de tous les patients opérés de MP avant décembre 1991 dans un seul centre chirurgical est analysée, en comparant 2 groupes "histologiques" (sarcomes et carcinomes), et 3 sous-groupes ayant des nombres différents de métastases (1, 2-4, et ³5). Le test de log-rank est utilisé pour la comparaison des courbes de survie. Résultats: Parmi 575 patients opérés dans un but curatif, la première thoracotomie a permis une exérèse complète d'un nombre connu de MP histologiquement vivaces chez 230 patients porteurs de carcinome, et 151 patients porteurs de sarcome. Les probabilités de survie à 5 et 10 ans (Kaplan Meier) après la première thoracotomie étaient 37% et 23% respectivement pour les MP de carcinome, et 31% et 28% respectivement pour les MP de sarcome (log-rank test: ns). Seule la survie après exérèse de 1 MP de carcinome était significativement supérieure à celle suivant l'exérèse de 2 à 4 MP (p=0.02), avec des taux de survie à 5 ans de 41% et 25% respectivement. Outre la survie, la seule différence significative entre les différents sous-goupes de patients était l'intervalle moyen entre le diagnostic de MP et la résection, qui était significativement plus long chez les patients porteurs de nombreuses MP.

Conclusion: le nombre des métastases pulmonaires de carcinome ou de sarcome devrait peu influencer la décision opératoire, si les MP restent résécables et limitées au(x) poumon(s) après un intervalle significatif entre le diagnostic de métastases et la chirurgie.


Traitement concomitant par radiothérapie cérébrale
et ifosfamide à hautes doses
pour les rechutes cérébrales de cancer bronchique

QUANTIN X, PUJOL JL, PARIS A., REME-SAUMON M, GODARD P, MICHEL FB Hôpital Universitaire et Centre anti-Cancer de Montpellier, 34295

Rationnel : Les métastases cérébrales constituent une fréquente modalité de rechute du cancer bronchique quelque soit l'histologie. Elles représentent une part importante des échecs secondaires de la chimiothérapie. Cependant, l'ifosfamide à hautes doses pourrait être bénéfique par activité anti-tumorale directe et par radiosensibilisation.

Méthode : Une étude de phase II ouverte a testé la toxicité et l'activité d'un traitement consistant en trois cycles de l'association suivante : radiothérapie pan-encéphalique (18gy en 10 fractions ; irradiation totale : 54 gy) et ifosfamide, 3 gr/m2 délivrée par voie intraveineuse du jour 1 au jour 4 de la radiothérapie avec uroprotection par Mesna et support hématopoïétique par des facteurs de croissance. Quatorze malades ont été inclus durant une période de 6 mois (10 cancers non à petites cellules et 4 cancers à petites cellules). Douze d'entre eux présentaient des métastases cérébrales comme le premier site de rechute. L'intervalle libre suivant la fin de la chimiothérapie de première ligne était de 44 sem. Sept malades avaient plusieurs métastases cérébrales et huit, un mauvais indice de performance (> 3). Onze malades souffraient de signes neurologiques engageant le pronostic vital ou fonctionnel.

Résultats : 12/14 malades ont reçu les trois cycles programmés. La dose-intensité relative était de 87 %. La toxicité du traitement était mineure à modérée et ne posait pas de problème de gestion. La neutropénie constituait la toxicité principale avec des nadirs médians [interquartile] de 276 gL-1 (130-1302), 155 gL-1 (70-640) et 490 gL-1 (120-656) durant les premiers, deuxième et troisième cycles respectivement. Cinq malades ont éprouvé un épidose de neutropénie fébrile et trois ont nécessité des transfusions. Aucun malade n'a eu d'encéphalopathie ou d'hématurie induite par l'ifosfamide. La réponse a été évaluée sur des documents tomodensitométriques : 3 malades avaient une progression, 1 avait une maladie inchangée, 5 une réponse partielle et les 5 derniers une réponse complète. La probabilité de survie globale à 6 mois était de 64 %. Ces malades n'avaient pas de séquelle neurologique du traitement ou de la maladie.

Conclusions : L'association ifosfamide à haute dose et radiothérapie cérébrale est possible. Le pourcentage de réponses autorise une étude comparative avec un traitement standard (programmée).


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Date de création: 1996 - Dernière mise à jour: 24/07/98

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