Oncologie
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Recherche systématique de localisations cérébrales lors du bilan
d’extension initial des cancers bronchiques non à petites cellules :
apport du scanner cérébral et de l’examen neurologique
.

BRICHET A. , STACH B. , PRUVO J. P., DUBOIS F., GERVAIS R., LAFITTE J. J., DUHAMEL A. Centre Hospitalier Régional Universitaire, 59037, Lille, France.

Les métastases cérébrales ont une fréquence de 17 à 40% au cours de l'évolution des cancers bronchiques. La découverte de métastases cérébrales a une incidence pronostique et thérapeutique puisqu'on s'oriente de plus en plus vers un traitement spécifique de la localisation cérébrale.

Le travail présenté est une étude muticentrique, unilatérale, prospective, en simple aveugle. Elle consiste à explorer de façon systématique le système nerveux central lors du bilan d'extension initial des carcinomes bronchiques non à petites cellules : une tomodensitométrie cérébrale (TDM) en double dose retardée (DDR) et un examen neurologique spécialisé sont réalisés.

De novembre 1993 à mai 1996, cent-trente-cinq patients ont été étudiés. Quatre-vingt-dix examens neurologiques sont normaux, 34 (25,1%) sont évocateurs de dissémination intracrânienne et 11 anormaux mais non évocateurs de l'existence d'une métastase cérébrale. Cent-treize TDM cérébrales sont normales, 11 (8,1%) révèlent la présence de métastases cérébrales et 11 montrent l'existence d'anomalies non métastatiques. La sensibilité, la spécificité, la valeur prédictive positive et la valeur prédictive négative de l'examen neurologique sont respectivement de 73%, 79%, 23,5% et 97%. La probabilité de trouver en TDM une métastase quand un examen neurologique fin est négatif est donc très faible.

Seul le stade de la tumeur bronchique primitive est retrouvé comme facteur favorisant de métastases cérébrales, l'âge du patient et l'histologie ne jouant aucun rôle. Cela amène à proposer la réalisation d'une TDM cérébrale pour les tumeurs atteignant le stade IIIA.

On peut donc proposer la réalisation systématique d'un examen neurologique spécialisé dans le bilan d'extension d'un CBNPC, complété au moindre doute clinique par un scanner cérébral, ou mieux, par une IRM encéphalique.

 

ANTICORPS SÉRIQUES ANTI-p53 CHEZ LES PATIENTS ATTEINTS DE CARCINOMES A PETITES CELLULES : FACTEUR DE MAUVAIS PRONOSTIC DANS LES FORMES FOCALISÉES ?

Zalcman G., Trédaniel J., Urban T., Lubin R., Milleron B., Soussi T. Hirsch A .
Service de pneumologie et INSERM 301, Hôpital Saint-Louis; Service de pneumologie,
Hôpital Saint-Antoine 2 et Hôpital Tenon 3, Paris.

Les mutations du gène p53 sont retrouvées dans 50 à 75% des cancer bronchiques. Une fraction de ces patients présente des auto-anticorps circulants dirigés contre la protéine p53. Le but de cette étude est d préciser le pourcentage exact de patients porteurs de cancer bronchique et présentant de tels auto-anticorps sériques, et de déterminer leur valeur pronostique. 269 patients, soit 174 patients porteurs de cancer bronchiques non à petites cellules (NAPC) et 95 patients porteurs d cancers à petites cellules (CPC) ont été étudiés prospectivement, entre janvier 1993 et juin 1995, dans les services de pneumologie des CHI Saint-Louis (n=l l9), Saint-Antoine (n=125) et Tenon (n=25), et ont fait l'objet d'un dosage ELISA d'anticorps anti-p53 sériques (1). Les courbes de survies ont été établies par la méthode de Kaplan-Meier et comparées par un test de Logrank. Respectivement 24,3 %; 33,3 %; 38,1 % et 25,6 % des patients avec cancers épidermoïdes, adénocarcinomes, carcinomes à grandes cellules et carcinomes neuro-endocrine à petites cellules présentent des anticorps circulants anti-p53. L'analyse préliminaire des données de survie montre que la détection d'anticorps sériques anti-p53 ne constitue pas un facteur pronostique pour les patients porteurs de cancer NAPC tant dans l'ensemble de ce groupe (p=0,96), que dans le sous-groupe présentant un cancer limité au thorax (p=0,62). Pour les patients ayant un CPC, la détection d'anticorps anti-p53 semble constituer un facteur pronostique dans le sous-groupe dont la maladie est limitée au thorax: la survie est significativement plus longue pour les patients sans anticorps anti-p53 détectable (p=0,016). Cet impact sur la survie se traduit par une différence de médiane de survie de 200 jours. La précocité d'apparition de ces anticorps au cours du cancer bronchique est corrélée avec la précocité des mutations p53 au cours de la carcinogenèse bronchique (2). Cette étude préliminaire, permettrait de définir dans la population des CPC localisés au thorax, un groupe au pronostic plus sombre. Ce mauvais pronostic pourrait être dû à une radio-chimio-résistance secondaire à l'inactivation de la protéine P53 dont le rôle est établi dans la mort cellulaire liée aux cassures de l'ADN radio- et chimio-induites.

1- Schlichtholz, B., J. Trédaniel, R. Lubin, G. Zalcman, A. Hirsch, and T Soussi. 1994; Br. J. Cancer. 69:809-816.

2- Lubin, R., G. Zalcman, L. Bouchet, J. Trédaniel, Y. Legros, D. Cazals A. Hirsch, and T. Soussi. 1995; Nature Med. 1:701-702.


Modèle de Markov et cancer à petites cellules : évaluation de l’influence pronostique d’une variable dépendante du temps : la concentration de NSE sérique.

PUJOL JL, BOHER JM, QUANTIN X, GRENIER J, DAURÈS JP. Hôpital Universitaire, Institut Universitaire de Recherche Clinique et Centre anti-Cancer de Montpellier.

Rationnel: Une concentration élevée de NSE sérique, lors du diagnostic d'un cancer à petites cellules indique un mauvais pronostic. Toutefois, ce marqueur peut varier au cours du temps franchissant dans un sens ou dans l'autre le seuil discriminant (12.5 ng/ml). Ces variations sont présumées refléter l'évolution de la maladie, mais il n'est pas démontré que le risque de décès soit modifié par le changement de la concentration sérique de la NSE. Pour répondre à cette question, nous avons utilisé un modèle mathématique de Markov (homogène au cours du temps et à trois états) . Méthode: Ce travail prospectif a inclus 52 malades atteints d'un cancer à petites cellules et traités par une chimiothérapie fondée sur l'association cisplatine - VP-16. La NSE a été dosée lors de chaque cure et lors de chaque suivi trimestriel ultérieur. Le modèle de Markov étudiait les intensités de transfert et les risques de décès entre les deux états transitoires suivants: vivant avec une concentration de NSE ² 12.5 ng/mL, vivant avec une concentration de NSE > 12.5 ng/mL, et un état absorbant: le décès.

Résultats: Le modèle de Markov est résumé dans le tableau suivants:

(tableau à fournir)

Lorsqu'un taux de marqueur < 12.5 ng/mL était constaté, le temps moyen de maintien dans cet état était court: 123 jours. A l'issu de ce temps, lorsqu'un transfert s'était effectué, il s'agissait dans 44 % de retour vers l'état transitoire opposé (vivant avec une concentration ² 12.5 ng/mL), démontrant la réversibilité réelle des deux états transitoires. Le risque de décès lorsque le malade avait une concentration élevé de NSE sérique était 2.23 fois plus important que dans l'état opposé (vivant avec une NSE basse; p<0.01).

Conclusion: L'observation d'une concentration de NSE élevée à n'importe quel moment du suivi d'un malade atteint d'un cancer à petites cellules est fortement associée à un risque de décès élevé mais une réversion de cet état vers l'état de moindre risque (vivant avec un taux de NSE bas) reste possible. Ce travail démontre l'utilité du dosage de la NSE dans le suivi des cancers à petites cellules.


INTÉRÊT DIAGNOSTIQUE ET PRONOSTIQUE DU CYFRA 21.1
COMPARÉ AUX AUTRES MARQUEURS TUMORAUX
DANS LE CANCER BRONCHIQUE:
ÉTUDE PROSPECTIVE DE 116 PATIENTS.

J.M. Bréchot , S. Chevret , J. Nataf , C, Le Gall , J. Frétault , J. Rochemaure, Cl. Chastang .
(1) Service de Pneumologie,
(2) Laboratoire de Biophysique, Hôtel- Dieu, Paris;
(3) Département de Biostatistique et Informatique Médicale, Hôpital Saint-Louis, Paris.

Beaucoup d'études ont rapporté la valeur diagnostique du Cyfra 21.1 dans les cancers bronchiques non à petites cellules (CBNPC) mais peu ont évalué son intérêt pronostique éventuel.

Dans cette étude prospective, un dosage sérique de Cyfra 21.1, d'ACE, du CA 125, du CA 19.9, du SCC et de NSE a été effectué en préthérapeutique puis tous les trois mois chez tous les patients atteints de CBNPC. La valeur diagnostique a été déterminée par les courbes ROC à partir de 23 patients atteints d'affections pulmonaires bénignes et de 116 patients avec CBNPC. L'analyse pronostique (uni- et multivariée) a porté sur la survie.

116 patients (28 opérables et 88 inopérables) ont été inclus (49 épidermoïdes, 51 adénocarcinomes, 15 grandes cellules, I mixte). Le suivi moyen a été de 14 mois. Pour une valeur-seuil de 3,3 ng/ml, la sensibilité et la spécificité du Cyfra 21.1 étaient respectivement de 54 % et 96 %. Le Cyfra 21.1 avait la courbe ROC la plus élevée. Dans le groupe des 88 patients inopérables (stade ³ IIIa: 9 patients, stade IIIb: 24 patients, stade IV: 55 patients), (médiane de survie 6 mois), la présence de métastases et des taux élevés de Cyfra 21.1 (³2,5 ng/ml) et de CA125 (³35 U/ml) étaient des facteurs pronostiques péjoratifs additionnels. Un taux pré-thérapeutique de Cyfra 21.1 ³ 2,5 ng/ml multipliait par 2,5 le risque de décès. Un taux élevé de Cyfra 21.1, de CA 125 ou de NSE (³ 7,6 ng/ml) à un moment quelconque de l'évolution étaient également, en analyse multivariée, des facteurs de mauvais pronostic. Un taux élevé de Cyfra 21.1 durant l'évolution multipliait par 6 le risque de décès.


SARCOMES PULMONAIRES PRIMITIFS.
ETUDE DE 13 CAS
L. FALCHERO (1), M.H. BIZOLLON (2), C. BAILLY (3),
R. LOIRE (2), J.F. CORDIER (1)

(1) Service de Pneumologie, (2) Laboratoire d’Anatomopathologie, Hôpital Louis Pradel, (3) Laboratoire d’Anatomopathologie, Centre Léon Bérard, Lyon

Treize sarcomes pulmonaires primitifs ont été diagnostiqués dans notre hôpital de 1970 à 1996. Il s’agissait de 6 léiomyosarcomes, 1 angiosarcome, 1 neurosarcome, 1 sarcome épithélioïde, 1 histiocytofibrome malin, 3 sarcomes inclassables (2 à cellules rondes, 1 fusocellulaire). Ce diagnostic histopathologique a été systématiquement confirmé par une étude immunohistochimique avec les anticorps anti-kératine, -EMA, -vimentine, -actine muscle lisse, -desmine, -HHF 35, -PS 100, -CD34, -CD68. Cette série concerne 9 hommes et 4 femmes, avec un âge moyen de 60 ans (extrêmes 26 - 93 ans). Huit patients étaient fumeurs. Les signes cliniques principaux étaient la douleur thoracique et la toux dans 7 cas, l’altération de l’état général dans 5 cas. Un seul patient était asymptomatique Un cas de syndrome de Pierre-Marie a été observé. Huit lésions sur 13 étaient situées dans les lobes supérieurs. Un cas était endobronchique pur. Les aspects radiologiques étaient : opacités uniques périphériques (8 cas), opacités uniques hilaires ou parahilaires (3 cas), opacités périphériques multiples (1 cas), atélectasie du lobe supérieur droit (1 cas). L’endoscopie bronchique était normale dans 5 cas sur 9. Dix patients ont eu une chirurgie thoracique, dont 7 lobectomies et 2 pneumonectomies, avec résection pariétale dans 3 cas. Cinq patients ont reçu une chimiothérapie: 3 fois en adjuvant; 2 fois comme seul traitement dont une intensification avec autogreffe de moelle permettant une rémission complète avec un suivi de 46 mois. Trois patients ont reçu une radiothérapie externe adjuvante. Un patient a eu des séances de laser endobronchique. Il existe 5 longs survivants avec une survie supérieure à 3 ans, dont 3 par traitement locorégional seul. La médiane de survie globale est de 26 mois. Les survies globales à 1 an et 3 ans sont respectivement de 55%, et 37%. Les sarcomes pulmonaires primitifs sont rares, et leur diagnostic histopathologique nécessite une étude immunohistochimique rigoureuse. La chirurgie est l’élément essentiel du traitement suivie d’une radiothérapie adjuvante, mais la chimiothérapie peut être utile en cas de tumeur inopérable.


Présentation clinique et modalités évolutives des dysplasies sévères
et des carcinomes in situ bronchiques détectés en autofluorescence .

L THIBERVILLE, J METAYER, C RASPAUD ET G NOUVET.
Clinique Pneumologique et Service d'Anatomie Pathologique.
Hôpital Ch. Nicolle, CHU de ROUEN

Au plan histologique, les dysplasies sévères et les carcinomes in situ (CIS) bronchiques se différencient par l'importance des anomalies cytonucléaires, l'existence de mitoses haut situées et l'importance de la désorganisation de l'épithélium. L'évolutivité de ces lésions de haut grade est peu connue mais habituellement considérée comme équivalente.

De février 1995 à octobre 1996, nous avons exploré au CHU de Rouen 185 patients en endoscopie par autofluorescence, permettant de diagnostiquer 172 sites dysplasiques "de bas grade" (dysplasie mineure ou modérée), et 60 sites préinvasifs de haut grade dont

26 Dysplasies sévères (16 patients) et 34 CIS (27 patients). Cinq patients étaient porteurs de plus de trois lésions de haut grade distinctes survenant de façon "synchrone". Ces patients ont été suivis en endoscopie et les lésions rebiopsiées à 3 mois avant de débuter un traitement local. Un suivi évolutif à court terme est ainsi disponible pour 22 Dysplasies sévères et pour les 34 CIS de cette série

Dans notre série, les CIS sont plus souvent associés à une lésion invasive à distance intra ou extrathoracique que les dysplasies sévères (11 patients / 27 vs 4/16 respectivement). Après réexamen des images endoscopiques en lumière blanche, les CIS se présentent plus souvent comme des lésions végétantes que les dysplaises sévères

(16/ 34 vs 8/26). Six dysplasies sévères et 2 CIS sont apparus comme indétectables en lumière blanche, alors que 17/26 et 18/34 présentaient un aspect épaissi ou érythémateux.

Au plan évolutif sans traitement, 5 CIS/ 34 ont régressé au contrôle à trois mois, 25 sont restés stables ou sont réapparus dans un délai d'un an, 4 ont progressé, alors que 12 dysplasies sévères ont régressé, 8 sont restées stables et 4 ont progressé.

Cette étude montre que parmi les lésions préinvasives bronchiques de haut grade la distinction entre dysplasie sévère et CIS est pertinente. Elle montre aussi qu'un suivi endoscopique à 3 mois des ces lésions est possible et utile avant de décider d'un traitement local.


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Date de création: 1996 - Dernière mise à jour: 24/07/98

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