Faut-il surveiller un patient opéré d’un CBNPC alors que la chirurgie a été complète d’un point de vue carcinologique? Si oui,
comment et à quel rythme?
Dans le CBNPC, la survie après résection complète varie entre 25 et 70% selon le stade de la maladie. Les causes de décès sont dues à une récidive
dans 50% des cas, à un second cancer dans 10% des cas. Les récidives peuvent être soit une progression loco régionale, soit la présence d’une ou plusieurs métastases
(cerveau, foie, os et thorax). Le second cancer est surtout ORL ou pulmonaire.
La surveillance a un intérêt seulement si les nouveaux sites cancéreux sont accessibles à un traitement curatif. Ce qui est le cas du CBNPC, la chirurgie et la
radiothérapie permettent des survies à 5 ans non négligeables, variant entre 20 et 60% .
Faut-il détecter les récidives ou les seconds cancers avant qu’ils ne soient symptomatiques ? Le traitement de ces découvertes asymptomatiques permet-il d’améliorer
la survie ? Peu d’études répondent à ces deux questions. Deux études rétrospectives anglo-saxonnes (environ 300 patients chacune) montrent que
24 à 28% des récidives sont asymptomatiques (Walsh, Ann Thorac Surg 1995, Gilbert, Ann Thorac Surg 2000). L’étude française de V. Westeel évalue prospectivement
le devenir de 192 malades atteints de CBNPC de stades I à IIIa opérés (Ann Thorac Surch 2000). Sur 136 récidives retrouvées, 35 sont asymptomatiques (26%).
La survie médiane des patients porteurs de récidives asymptomatiques est de 19 mois contre seulement 6 mois dans le cas de récidives symptomatiques.
Quels sont les meilleurs examens à pratiquer dans le cadre de cette surveillance ? Dans l’étude française de V. Westeel, 29 sur les 35 récidives asymptomatiques
sont thoraciques. Sur ces 29 cas, 9 ont été révélés par l’examen clinique et la radiographie thoracique, 10 par le scanner thoracique et 10 par la
fibroscopie bronchique. Ce qui montre bien que ces 4 examens sont indispensables à la surveillance des CBNPC opérés. Les autres examens complémentaires restent à évaluer
dans ce cadre (scanner cérébral, IRM …). Le TEP-scan est sûrement promu à un bel avenir, mais se heurte à une accessibilité difficile et un
coût élevé.
Quarante-cinq à quatre-vingt-quinze pour cent des récidives surviennent pendant les 2 premières années post-opératoires. Le risque d’un second cancer
est stable pendant les 5 premières années (1 à 2 % / patient / année). La surveillance doit être plus intensive les 2 premières années, puis
allégée entre 3 et 5 ans.
En conclusion, la surveillance post-opératoire des CBNPC opérés est indispensable. Mais reste à définir les examens para-cliniques nécessaires,
leur fréquence de réalisation et la durée exacte de cette surveillance. Suivant les conclusions des « guidelines » de l’ASCO 2003, l ‘équipe
de Besançon a initié une étude prospective sur ce sujet. Les malades ayant bénéficié d’une exérèse complète pour
un CBNPC de stade I à IIIa sont randomisés en 2 groupes. Le premier groupe (minimal) est surveillé par un examen clinique et une radiographie pulmonaire tous les
6 mois pendant 2 ans puis tous les ans jusqu’à 5ans. Le deuxième groupe (maximal) est surveillé en plus par un scanner thoracique ± fibroscopie bronchique
selon le même rythme. Cette étude est actuellement en cours
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