màj : 26-Aoû-2007 CPPA :abstracts/résumés des communications présentées aux 2èmes journées scientifiques du Club Pédiatrique de Pneumologie et d'Allergologie
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Evolution naturelle de l'allergie alimentaire Dans nos pays industrialisés, les études épidémiologiques montrent que 8% des enfants de moins
de 3 ans et 2% des adultes ont une allergie alimentaire (AA). BIBLIOGRAPHIE 1-Sampson H 2- Chatchatee P, Järvinen K, Bardina L and coll 3- Vander Leek T, Liu AH, Stefanski K and coll 4-Skolnick H, Conover-Walker MK, Barnes Koemer C, Sampson H |
Tests cutanés aux trophallergènes systématiques chez l'asthmatique La réalisation de prick-tests est une étape essentielle dans lévaluation allergologique de lasthme de lenfant. La recherche dune allergie aux pneumallergènes est le plus souvent réalisée. Cependant les allergènes alimentaires peuvent aussi induire une crise dasthme par un mécanisme IgE dépendant. Plusieurs mécanismes physiopathologiques sont à lorigine de manifestation respiratoire dans lallergie alimentaire (AA). Lingestion de laliment reste le cas le plus fréquent ; cependant le contact cutané ou linhalation de lallergène après manipulation ou épluchage du produit, peut déclencher des symptômes respiratoires. Lasthme fait partie du tableau de lallergie alimentaire. Lasthme : symptôme dallergie alimentaire grave. Valeur pronostique des Prick tests aux trophallergènes. La détection dune sensibilisation et/ou dune allergie alimentaire précoce chez lenfant asthmatique permet la mise en place de mesures préventives, une amélioration de sa prise en charge globale et représente un élément pronostique fondamental de lévolution de sa maladie asthmatique à lâge adulte. Il apparaît donc nécessaire dévaluer par la méthode des pricks tests aux trophallergènes tout enfant asthmatique. La pratique de test de provocation orale lors dune sensibilisation alimentaire détectée par les tests cutanés chez lenfant asthmatique, en dehors d'une histoire clinique convaincante, reste indispensable pour confirmer le diagnostic dallergie alimentaire et mettre en place un régime d'éviction. Références F. Rance, G. Kanny, G. Dutau, DA Monneret-Vautrin. Food hypersensitivity in children : Clinical aspects and distribution of allergens. Pediatr Allergy Immunol 1999 ; 10 : 33-38. E. Novembre, M. de Martino, A. Vierucci. Foods and respiratory allergy. J Allergy Clin Immunol 1988 ; 81 : 1059-65. J. Onorato, N. Merland, C. Terral, F.B. Michel, J.Bousquet. Placebo-controlled double-bind food challenge in asthma. . J Allergy Clin Immunol 1986 ; 78 : 1139-46. H.A. Sampson, L.Mendelson, J.P Rosen . Fatal and near-fatal anaphylaxic reactions to food in children and adolescents.N Engl J Med 1992 ; 327 : 380-4. S. Sicherer , T. Furlong, A. Munnoz-Furlong, W.Burks, H.Sampson. A voluntary registry for peanut and tree nut allergy : characteristics of the first 5149 registrants. J Allergy Clin Immunol 2001 ;108 :128-32. CF Macdougall, AJ Cant, AF Colver. How is dangerous food allergy in childhood. The iincidence of severe and fatal allergic reactions across the UK and ireland. Arch. Dis. Child. 2002 ; 86 : 236-39. SM Tariq, SM Matthews, EA Hakim, SH Arshad.Egg allergy in infancy predicts resppiratory allergic disease by 4 years of age.Pediatr Allergy Immunol 2000 ; 11(3) : 162-7. H.. Rhodes, R. Sporik, P. Thomas , S. Holgate, J. Cogswell.Early life risk factors for adult asthma : A birth cohort study of subjects at risk. J allergy Clin Immunol 2001 ;108 : 720-25. |
Tests cutanés aux trophallergènes
systématiques chez l'asthmatique Lexploration allergologique cutanée est une étape importante de la prise en charge lenfant asthmatique.
Cette exploration est guidée par un interrogatoire soigneux et intègre naturellement les allergènes inhalés ou
alimentaires évoqués par cette enquête préliminaire indispensable. Toutefois, dans un grand nombre de cas, lenquête
ne permet pas didentifier de façon nette un allergène. Se pose alors la question des allergènes à tester
à titre systématique. Notamment, linclusion systématique de tests vis-à-vis dallergènes alimentaires,
en dehors de toute suspicion clinique, mérite débat. Cette question se pose surtout chez le nourrisson et le jeune
enfant, chez lesquels la prévalence de lallergie alimentaire est plus élevée que chez lenfant plus
âgé.
Si lobjectif est uniquement didentifier un terrain atopique, les tests aux trophallergènes ont un
intérêt chez le jeune nourrisson asthmatique, car plus fréquemment positifs que les tests aux pneumallergènes,
qui sont plus tardivement positifs. La proportion de tests positifs aux pneumallergène a ainsi été montrée 2 fois
plus importante à 24 mois quà 12 mois, avec une diminution parallèle des tests alimentaires [1]. Références 1 Vasar M, Julge K, Bjoksto B. Development of atopic sensitization and allergic diseases in early childhood. Acta Paediatr 2000 ; 89 : 523-7. 2 Yazicioglu M, Baspinar I, Ones U, Pala O, Kiziler U. Egg and milk allergy in asthmatic children: assessment by immulite allergy food panel, skin prick tests and double-blind placebo-controlled food challenges. Allergol Immunopathol (Madr) 1999 ; 27 : 287-93. 3 Reijonen TM, Kotaniemi-Syrjanen A, Korhonen K, Korppi M. Predictors of asthma three years after hospital admission for wheezing in infancy. Pediatrics 2000 ; 106 : 1406-12. 4 Laan MP, Baert MR, Bijl AM, Vredendaal AE, De Waard-van der Spek FB, Oranje AP, et al. Markers for early sensitization and inflammation in relation to clinical manifestations of atopic disease up to 2 years of age in 133 high-risk children. Clin Exp Allergy 2000 ; 30 : 944-53. 5 Tariq SM, Matthews SM, Hakim EA, Arshad SH. Egg allergy in infancy predicts respiratory allergic disease by 4 years of age. Pediatr Allergy Immunol 2000 ; 11 : 162-7. 6 Nickel R, Kulig M, Forster J, Bergmann R, Bauer CP, Lau S, et al. Sensitization to hen's egg at the age of twelve months is predictive for allergic sensitization to common indoor and outdoor allergens at the age of three years. J Allergy Clin Immunol 1997 ; 99 : 613-7. |
Tests cutanés positifs à l'arachide :
que faire ? La positivité dun test cutané à larachide est une situation à laquelle pneumo-pédiatres et allergologues sont fréquemment confrontés. Cette situation suscite de nombreuses interrogations ; y apporter des réponses permet la prise en charge diagnostique et thérapeutique de lenfant dont le test cutané est positif. Avant denvisager ces réponses, deux idées sont importantes à rappeler.
Compte tenu de ces deux préambules, quelle attitude peut avoir le praticien face à un test cutané positif à larachide ? La première étape de la démarche diagnostique va sappuyer sur la clinique : On peut distinguer quatre histoires cliniques :
La démarche diagnostic ne sera pas la même selon le contexte clinique.
Les questions les plus fréquentes sont les suivantes : Les réponses à ces questions sont ici proposées en fonction de létat actuel des connaissances apportées par la littérature et de notre expérience et pratique personnelles, elles sont à lire et à adapter selon lexpérience de chacun, elles sont possiblement modifiables avec lévolution des connaissances. Q1 : Faut-il saider dautres examens biologiques ? Q2 : Quelle est la sévérité de cette allergie ? Q3 : Quel est le devenir de cette allergie ? Q4 : Quelle est la place du TPO dans la démarche diagnostique ? On peut saider du taux des IgE spécifiques. Sampson et al. [8], dans une population denfants,
dont 92% appartenaient à une famille atopique et dont 60% avaient une dermatite atopique, montrent quun
taux dIgE spécifiques > 15 KU/L est prédictif dun TPO positif et permet de retarder sa réalisation
(VPP = 100%) Létude de Rancé et al [11] montre lintérêt du couple taux dIgE spécifiques et test cutané dans la démarche décisionnelle. Ces auteurs, sur une population denfants consultant pour suspicion dallergie alimentaire (pratique systématique du test cutané à larachide dans les bilans allergologiques), montrent que la papule dun test cutané effectué avec de larachide native (mixée et diluée au 1/10ème) supérieure à 16 mm de diamètre ou un taux dIgE spécifiques > 57 KU/L affirme lexistence dune allergie à larachide (et dun TPO positif) (VPP = 100% et spécificité =100%). A linverse un taux dIgE spécifiques < 57 KU/L et une papule de test cutané < 3 mm certifient labsence dallergie à larachide, avec une VPN de 100%, le TPO nest alors pas nécessaire. Dans les cas de figures intermédiaires, avec un taux dIgE spécifiques < 57 KU/L et un diamètre de papule entre 3 et 16 mm, un TPO est obligatoire, car les faux positifs et négatifs sont nombreux. Le tableau suivant donne des orientations générales pour les indications dun TPO à larachide, en fonction des résultats du bilan clinique, biologique et des tests cutanés. Dans tous les cas le TPO à larachide nest pas proposé avant lâge de 4-5 ans, et doit être discuté au cas par cas en fonction de la clinique, de lâge et des contraintes sociales.
Si le TPO est différé, la diminution du taux des IgE spécifiques dun quart de leur valeur précédente, ainsi que la négativation du test cutané sont des situations favorables pour proposer à nouveau un TPO. A noter cependant que le test cutané peut rester longtemps positif alors que la cacahuète est à nouveau tolérée. En pratique (5), un TPO doit être réalisé en milieu hospitalier, dans des conditions optimales
de sécurité (matériel durgence disponible, service de réanimation rapidement accessible, médecin présent).
Le consentement des parents doit être obtenu. Une voie dabord est mise en place permettant ainsi linjection
dun éventuel traitement durgence. Le suivi (pour nous annuel), avec évaluation clinique, tests cutanés et dosage des IgE spécifiques permet donc denvisager le moment où lon peut programmer un TPO. Q5 : Quel régime déviction doit-on prescrire et
pour combien de temps ? Cependant une éviction complète de larachide est difficile (ce qui participe peut-être
à lexplication du peu de disparition de cette allergie), car la présence dun aliment nest obligatoirement
inscrit sur une étiquette que si sa quantité est supérieure à 25% du poids total (ce pourcentage nest pas
applicable aux épices et arômes). Compte tenu de lexpérience clinique dont nous disposons aujourdhui, lélargissement du régime déviction est fonction du résultat du TPO et du seuil de tolérance observé : si la réaction clinique survient pour une dose ingérée inférieure à 1 cacahuète, nous conseillons le maintien de léviction complète. Si le seuil de réaction est au-delà dune cacahuète, nous conseillons léviction de la seule cacahuète native. Il est cependant habituel, avec lâge (fin de primaire et secondaire) et chez la majorité des enfants, que léviction stricte et complète soit spontanément modestement élargie et que les enfants mangent des biscuits avec des traces darachide ou contenant de lhuile végétale. A cet âge, lallergie à larachide paraît davantage stabilisée. La durée dune éviction stricte doit cependant être apprécié au cas par cas. Cette éviction systématique permet-elle réellement de faire baisser le taux dIgE spécifiques et daugmenter le seuil de tolérance de larachide ? Ou bien la gravité et le devenir de lallergie sont-ils fixés dès la première manifestation anaphylactique ? Q6 : Les allergènes croisés doivent-ils être retirés de lalimentation systématiquement ? Les co-allergies entre les différentes noix sont plus fréquentes, environ 23% [13], surtout si lenfant est également allergique aux pollens. Les structures moléculaires sont cependant différentes entre larachide (légumineuse) et les noix ; ce taux élevé de co-allergies traduit-il une prédisposition à lallergie chez certains enfants [14] ? Là également, un bilan complet (tests cutanés, IgE spécifiques et TPO) peut être nécessaire. Cependant, un TPO négatif nexclue pas le développement secondaire dune allergie aux noix. Un suivi annuel permet de diminuer ces écueils. Q7 : Quels médicaments prescrire et quelles mesures éducatives
ou daccompagnement sont envisageables ?
En conclusion, en matière dallergie alimentaire, une sensibilisation cutanée
néquivaut pas à une allergie clinique. La démarche diagnostique devant un test cutané positif à larachide
saide de la clinique et du dosage des IgE spécifiques. En labsence dhistoire clinique évidente,
un TPO, réalisé dans de bonnes conditions de sécurité, reste le seul moyen dun diagnostic de certitude.
Références 1. Hill DJ, Sporik R, Hosking CS. The value of allergen skin testing in predicting adverse reactions
to foods in children: a specific marker. J Allergy Clin Immunol 1999, 103:S99 |
Adrénaline injectable : pour
qui ? L’Adrénaline, du fait de sa rapidité d’action est actuellement universellement reconnue comme le traitement de choix des réactions anaphylactiques sévères, qu’il s’agisse de réactions d’hypersensibilité vraie IgE médiée ou anaphylactoïdes non IgE médiées. On ne dispose actuellement que de peu d’essais cliniques contrôlés et il existe encore des controverses sur ce sujet . INDICATIONS :1 à 5% des chocs, selon les études, sont encore actuellement mortels ( études épidémiologiques insuffisantes). L’Adrénaline est indiquée pour tout patient ayant eu une réaction anaphylactique sévère, (choc ou œdème laryngé) qu’il s’agisse de réactions d’origine alimentaire, médicamenteuse, dues aux hyménoptères, au latex, car les risques de récidives sont prouvés. Cette prescription sera étendue aux enfants ayant une allergie vis à vis d’aliments potentiellement dangereux et surtout s’il y a des antécédents d’asthme. Le geste d’urgence est l’injection précoce d’adrénaline,
sans attendre l’apparition des signes cliniques chez les patients ayant déjà fait des réactions
anaphylactiques sévères. Le retard à l’utilisation du médicament est presque
toujours en cause lorsqu’il y a décès. Il est impossible de prévoir la sévérité
éventuelle du choc, certains d’emblée sévères, d’autres plus retardés
ou se développant en deux phases (1/3 des cas). La survenue de signes respiratoires d’emblée,
de prurit des paumes de mains et de pieds est signe de gravité. VOIE D’ADMINISTRATION ET DOSE RECOMMANDEE :
Toute utilisation d‘adrénaline doit entraîner obligatoirement une hospitalisation avec surveillance d’au moins six à huit heures.La posologie varie selon les pays, les études cliniques, l’âge ou le poids de l’enfant, les stylos auto-injectables disponibles.En France, la posologie retenue chez l’enfant est de :
Il faut noter la rapidité d’apparition des effets bénéfiques, (5 minutes environ) après l’injection, la dose pouvant être répétée en cas de non-résolution toutes les 5 à 20 minutes selon les auteurs. CONTRE-INDICATIONS : Elles sont exceptionnelles (traitement béta-bloquant surtout, hypertension et coronaropathies en théorie). Selon les dernières recommandations de l’AAAAI, il n’y a aucune contre-indication à l’utilisation de l’adrénaline en cas de choc chez l’enfant. EDUCATION et SUIVI de PRESCRIPTION :Les auteurs insistent sur le rôle primordial du médecin (encore insuffisamment formé) dans l’apprentissage à l’utilisation de l’adrénaline, la vérification de la bonne compréhension par le patient, sa famille, son entourage scolaire (PAI) des consignes, la surveillance des règles de conservation, du délai de péremption et la réévaluation régulière des connaissances (cf grille d’évaluation proposée par le groupe Audit de Pratique en France en 2000). CONCLUSION :Il faut ré-insister sur l’intérêt des mesures préventives
(identification du risque, éviction, bonne indication du PAI). |
Prévention de l'allergie alimentaire L’allergie alimentaire (AA) affecte 3 fois plus souvent l’enfant que l’adulte. Sa fréquence dans la population générale, tous âges confondus, était estimée entre 1,4% et 1,8% en Grande-Bretagne (1). En France, elle est maintenant évaluée à 3,24% (3,04% à 3,44%) chez les personnes de moins de 60 ans (2). La prévalence cumulée de l’allergie à l’arachide se situe autour de 1% chez les enfants depuis la naissance jusqu’à l’âge de 4 ans (in 3) Les allergènes en cause sont le lait de vache, l’œuf de poule, le poisson, l’arachide et les fruits secs à coque qui, après l’âge de 3 ans, sont les premiers responsables des formes graves ou mortelles (4,5). Si les chances d’acquérir une tolérance sont fortes pour le lait (80%) et pour l’œuf (60%), elles sont par contre réduites pour les autres aliments, en particulier l’arachide et les fruits secs. D’où l’importance des tentatives de prévention. Notions générales sur la prévention des allergiesLa prévention primaire peut s’exercer au niveau de la population générale si le risque allergique que l’on tente de prévenir est important (allergies fréquentes et/ou graves) ou seulement sur des « populations à risque » actuellement définies par l’existence d’antécédents allergiques au premier degré (père, frères et sœurs, et surtout mère) (3). Elle vise à empêcher l’apparition des sensibilisations définie par la positivité des prick-tests et/ou des RASTS®. La prévention secondaire a pour but d’éviter l’apparition des symptômes d’allergie chez les individus porteurs d’une sensibilisation. L’objectif de la prévention tertiaire est d’éviter les symptômes chez les patient atteints d’une allergie par tous les moyens possibles, au premier rang desquels se situe l’éviction des allergènes. En fait, ces trois étapes sont étroitement imbriquées dans une démarche d’action préventive. La prévention des maladies allergiques connaît des limites liées à la nature multifactorielle de ces affections. L’affection idéale à prévenir se caractérise par l’existence d’une cause unique, bien identifiable, et par un traitement simple. Tel est le cas de l’hypothyroïdie ou de la phénylcétonurie, facilement détectable par des dosages sur l’éluat de sang séché prélevé au talon à la fin de la première semaine de vie. Le pronostic de ces affections a été transformé par le traitement substitutif par la L. thyroxine (hypothyroïdie) ou par des mesures diététiques particulières (phénylcétonurie). Pour les allergies, il n’y a rien de semblable. Pourtant, ces affections posent un problème de Santé publique ce qui a motivé de nombreuses tentatives. Les possibilités d’intervention sont de deux types : soit diminuer l’impact des facteurs favorisants l’allergie, soit favoriser facteurs « protecteurs » dûment identifiés. Diminuer l’impact des facteurs qui favorisent l’allergieOn peut s’accorder sur quelques mesures simples à proposer aux couples à risque allergique (père et/ou mère ayant présenté ou actuellement atteints d’asthme, de rhinites allergiques, d’eczéma atopique, d’allergies alimentaires prouvés) (3,5). Ce sont : (I) l’abstention de tout tabagisme pendant la grossesse ; (II) la protection du nouveau-né et du nourrisson vis-à-vis du moindre tabagisme passif ; (III) la promotion de l’allaitement maternel prolongé; (IV) l’abstention de toute consommation de cacahuètes, de fruits secs à coques, de fruits exotiques pendant la grossesse et l’allaitement ; (V) une diversification alimentaire retardée et très progressive en éliminant du régime de l’enfant ces mêmes aliments (surtout les cacahuètes et les fruits secs jusqu’à l’âge de 5 ans). Ce point est très important à considérer : une diversification alimentaire précoce n’a aucune justification diététique. Une diversification retardée réduit la fréquence de la dermatite atopique (6), résultat très important au vu de la grande fréquence de l’association dermatite atopique - sensibilisations ou allergies à l’arachide (7). Augmenter l’impact des facteurs qui protègent contre l’allergiePlusieurs études récentes ont montré que les allergies étaient favorisées par différents facteurs comme l’environnement intra-utérin, le nombre des sollicitations infectieuses au cours des premiers mois de la vie, les modes de vie occidentaux … etc. (in 8). Pour l’instant, ces facteurs restent à l’étude : on ne connaît pas les répercussions du régime anthroposophique de Steiner (9), de l’utilisation précoce et/ou répétée des antibiotiques ou de leur non-utilisation (10), de la vie à la ferme (11). Cette présentation aborde les principales actions recensées sur la prévention des allergies alimentaires, difficile à dissocier de la prévention générale des allergies. Beaucoup d’incertitudes demeurent. Le défi majeur est posé par la prévention des allergies alimentaires graves liées à l’arachide et aux fruits secs à coque. Les données disponibles sur les probiotioques (12,13) ne montrent pas pour l’instant d’effets positif sur les allergies alimentaires mais il s’agit probablement de voies de recherche à développer. En pratique, il est fortement déconseillé d’appliquer des pommades à base de protéines végétales sur la peau des nourrissons atopiques ou ayant le risque de l’être. Références1. Young E, Stoneham MD, Petruckevitch A, Barton J, Rona R. A population study of food intolerance. Lancet 1994 ; 343 : 1127-30. 2. Kanny G, Moneret-Vautrin DA, Flabbee J, Beaudouin E, Morisset M, Thevenin F. Population study of food allergy in France. J Allergy Clin Immunol 2001 ; 108 : 133-40. 3. Dutau G, Rancé F. L’allergie à l’arachide. L’Expansion Scientifique Française Édit. et Institut UCB d’Allergie, Paris, 2001, 1 vol. (130 pages). 4. Bock SA, Munoz-Furlong A, Sampson HA. Fatalities dues to anaphylactic reactions to foods. J Allergy Clin Immunol 2001 ; 107 : 191-3. 5. Pumphrey RSH. Lessons for management of anaphylaxis from a study of fatal reactions. Clin Exp Allergy 2000 ; 30 : 1144-50. 6. Fergusson DM, Horwood LJ. Early solid diet and eczema in childhood : a 10-year follow-up . Pediatr Allergy Immunol 1994 ; 5 (suppl. 1) : s44-s47. 7. Eigenmann PA, Calza AM. Diagnosis of IgE-mediated food allergy among Swiss children with atopic dermatitis. Pediatr Allergy Immunol 2000 ; 11 : 95-100. 8. Von Mutius E. Peut-on modifier l’histoire naturelle de l’asthme ? Rev Fr Allergol Immunol Clin 2000 ; 40 : 689-694. 9. Alm JS, Swartz J, Lilja G, Scheynius A, Pershagen G. Atopy in families with anthroposophic lifestyle. Lancet 1999 ; 353 : 1455-1458. 10. Wickens K. Antibiotic use in early childhood and the development of asthma. Clin Exp Allergy 1999 ; 29 : 766-771. 11. Ernst P, Cormier Y. Being raised on a farm may reduce asthma and allergy risk. Am J Respir Crit Care Med 2000 ; 161 : 1563-1566. 12. Kirjavainen PV, Apostolou E, Salminen SJ, Isolauri E. New aspects of probiotics. A novel approach in the management of food allergy ? Allergy 1999 ; 54 : 909-15. 13. Isolauri E, Arvola T, Sütas Y, Moilanen E, Salminen SJ. Probiotics in the management of atopic eczema. Clin Exp Allergy 2000 ; 30 : 1605-10. |
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